Les organisations syndicales CGT, CFDT, FO, Indépendants, CFTC de
la RATP dénoncent la volonté présidentielle et gouvernementale de réformer les régimes spéciaux de retraites au travers du projet de leurs alignements sur les dispositions de la fonction publique, et ce dans un calendrier à « marche forcée ».
L’ensemble des agents de notre service public, à l’instar de nos organisations syndicales, est fortement attaché à son système de retraite, fruit des luttes sociales, de la prise en compte de la pénibilité du travail contrepartie à nos contraintes de service public et indissociable du statut public de notre entreprise. Les salariés du secteur privé et de la fonction publique sont les véritables victimes des réformes successives depuis plus de 20 ans. Prétexter aujourd’hui « l’équité » et « la justice sociale » au moyen d’un alignement des régimes « par le bas » contribue à poursuivre la logique de destruction du modèle social français. Les réformes successives depuis 1986 ont fait baisser le niveau des pensions en France de plus de 20 % et provoqué, à
la RATP notamment, des mouvements sociaux majeurs.
Ces réformes, loin de régler la question du financement, ont créé un accroissement des inégalités sociales, à l’exemple du développement des très basses pensions et du nombre de « retraités pauvre ». Oui, la question du financement des retraites est posée, tenter de faire croire que la réforme des régimes spéciaux permettrait d’équilibrer l’ensemble des régimes et d’augmenter le niveau des bases pensions est à la foi illusoire et démagogique. Nous pouvons tous constater que le mode de financement des retraites est globalement le même depuis 60 ans et repose quasi exclusivement sur le travail. En ce sens, nos organisations syndicales portent l’exigence commune d’élargir l’assiette des cotisations en mettant à contribution, notamment, les revenus financiers et spéculatifs.
Les projets de réformes annoncés sont le préalable à une nouvelle vague de réformes des retraites en France pour tous les salariés du secteur public et du secteur privé dès 2008, comme l’ont d’ailleurs confirmé les propos du 1er ministre mardi dernier. Dans ce cadre, il nous apparaît que des convergences d’actions et de solidarités doivent se mettre en place de manière interprofessionnelle entre l’ensemble des salariés du secteur public comme du secteur privé pour imposer d’autres choix ! Conscientes de leur responsabilité et voulant mettre les agents de notre service public au cœur de ces enjeux majeurs, nos organisations syndicales appellent l’ensemble des salariés à se mobiliser afin de porter leurs revendications au travers d’une grande journée d’action interprofessionnelle et de grève le 18 octobre prochain. Cette journée marquera l’exigence d’autres choix que ceux qui nous sont présentés aujourd’hui comme inéluctables.
Enfin, les organisations syndicales CGT, CFDT, FO, Indépendants, CFTC de
la RATP ont, dès aujourd’hui prévus de se réunir régulièrement et notamment le 19 octobre afin de faire le point de la situation sociale et n’excluent pas de poursuivre cette mobilisation aux travers d’autres journées d’action, de mobilisation et de grève. Paris, le 28 septembre 2007.